Éditions Youkali

Youkali – jusqu'au bout – île de l'espérance


Jean-Claude Dallaire : une quête de liberté

J’ai choisi le tableau du peintre français, Eugène Delacroix, intitulé La liberté guidant le peuple, pour illustrer comment je me sentais à l’âge où j’ai ressenti un immense besoin de liberté; tant dans ma vie personnelle qu’à titre de citoyen appartenant au peuple du Québec, dominé depuis des siècles. Il en est des être humains comme pour les peuples; on ne peut parler de leur liberté sans parler des combats de libération qu’ils doivent mener pour en arriver à vivre en toute liberté. Cette représentation de Delacroix n’est qu’une des nombreuses scènes de barricades parisiennes érigées lors des trois glorieuses journées du 27, 28 et 29 juillet 1830; deuxième révolution qui suivait, moins de 50 ans plus tard, la sanglante Révolution française de 1789; le chemin menant à une république fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité a été long et ardu. Pour ma part, à 15 ans, un puissant vent de liberté souffla sur ma vie qui devenait de plus en plus un champ de bataille au sens figuré. Ma libération débuta en faisant table rase de la religion qui avait beaucoup trop empoisonné et limité ma vie jusque là; la soumission cédait la place à une révolte légitime. Ces combats étaient le point de départ de ma quête « pour atteindre l’inaccessible étoile » qu’est la liberté, comme le chante Jacques Brel dans sa chanson La Quête. Le contexte sociétal de l’époque contribuait fortement à alimenter mon besoin de changement. Né au Lac-Saint-Jean en 1946, je suis un enfant de la première cohorte du baby-boom qui a suivi la fin de la Deuxième Guerre mondiale. </a

J’ai choisi le tableau du peintre français, Eugène Delacroix, intitulé La liberté guidant le peuple, pour illustrer comment je me sentais à l’âge où j’ai ressenti un immense besoin de liberté; tant dans ma vie personnelle qu’à titre de citoyen appartenant au peuple dominé du Québec. Il en est des être humains comme pour les peuples; on ne peut parler de leur liberté sans parler des combats de libération qu’ils doivent mener pour en arriver à vivre en liberté. Cette représentation de Delacroix n’est qu’une des nombreuses scènes de barricades parisiennes érigées lors des trois glorieuses journées du 27, 28 et 29 juillet 1830; c’était la deuxième révolution en moins de 50 ans; la première étant la sanglante Révolution française de 1789; et ce n’était qu’une autre étape sur le chemin menant à une république fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Pour ma part, à 15 ans, un puissant vent de liberté souffla sur ma vie qui devenait de plus en plus un champ de bataille au sens figuré. Ma libération débuta en faisant table rase de la religion qui avait empoisonné et limité ma vie jusque là; ma soumission cédait la place à une révolte légitime. Ces combats étaient le point de départ de ma quête « pour atteindre l’inaccessible étoile » qu’est la liberté, comme le chante Jacques Brel. Le contexte sociétal de l’époque contribuait fortement à alimenter mon besoin de changement. C’est dans le climat stimulant de la Révolution tranquille que j’ai amorcé ma recherche identitaire et mené des combats contre tout ce qui avait un lien avec l’autorité, la domination et le pouvoir.

 

Au cours de mon adolescence, j’ai compris intuitivement qu’il existait un lien entre l’acquisition de connaissances et ma quête de liberté. Plus tard, j’ai été conquis par l’allégorie de « la caverne » du philosophe de la Grèce antique, Platon. L'image en haut de page représente sa pensée. Pour lui, nous sommes tous prisonniers d’une caverne dans laquelle nous sommes pris au piège; c’est l’illusion. Platon affirme que nous sommes prisonniers de nos jugements, de fausses idées reçues, de croyances… Et tout ça, ça nous empêche de vivre dans la vérité. Le philosophe en arrive à bouleverser les croyances antérieures des prisonniers et à instaurer le doute dans leurs certitudes. Les prisonniers se relèvent et marchent en dehors de la caverne; une fois sortis, ils sont éblouis; cela symbolise aussi leur premier contact avec la vérité. Ma compréhension intuitive de l’importance d’apprendre était favorisée et soutenue par les attentes clairement exprimées par ma fratrie voulant que « je me fasse instruire ». Mes frères et sœurs devaient souffrir de ne pas avoir eu l’opportunité de bénéficier d’une éducation suffisante; c’était une façon de compenser leur manque. La photo de moi, petit gamin à béret, portant avec difficulté un volume de l’encyclopédie familiale, illustre bien cette volonté familiale que je faisais inconsciemment mienne.

Au cours de mon adolescence, j’ai compris intuitivement qu’il existait un lien entre l’acquisition de connaissances et ma quête de liberté. Plus tard, j’ai été conquis par l’allégorie de « la caverne » du philosophe de la Grèce antique, Platon. L’image en haut de page représente sa pensée. Pour lui, nous sommes tous prisonniers d’une caverne dans laquelle nous sommes pris au piège; c’est l’illusion. Platon affirme que nous sommes prisonniers de nos jugements, de fausses idées reçues, de croyances… Et tout ça, ça nous empêche de vivre dans la vérité. Le philosophe en arrive à bouleverser les croyances antérieures des prisonniers et à instaurer le doute dans leurs certitudes. Les prisonniers se relèvent et marchent en dehors de la caverne; une fois sortis, ils sont éblouis; cela symbolise aussi leur premier contact avec la vérité. Ma compréhension intuitive de l’importance d’apprendre était favorisée et soutenue par les attentes clairement exprimées par ma fratrie voulant que « je me fasse instruire ». Mes frères et sœurs devaient souffrir de ne pas avoir eu l’opportunité de bénéficier d’une éducation satisfaisante; c’était une façon de compenser leur manque. La photo de moi, petit gamin à béret, portant avec difficulté un volume de l’encyclopédie familiale, illustre bien cette volonté familiale que je faisais inconsciemment mienne.

 

À l’automne 1958, après mes sept années d’études primaires au couvent de Saint-Bruno et à l’école Dominique Savio, j’ai eu la chance d’être accepté à l’école Champagnat, un externat classique. J’amorcais ce qu’on appellait à l’époque le « cours classique », une formation d’une durée de 8 ans, centrée sur l’humanisme classique et nourrie de la culture antique. La photo montre ce qu’on applellait aussi le collège Champagnat, dirigé par les frères maristes et situé situé à Alma sur la rue du même nom.

À l’automne 1958, après mes sept années d’études primaires au couvent de Saint-Bruno et à l’école Dominique Savio, j’ai eu la chance d’être accepté à l’école Champagnat, un externat classique. J’amorcais ce qu’on appelait à l’époque le « cours classique », une formation d’une durée de 8 ans, centrée sur l’humanisme classique et nourrie de la culture antique. La photo montre ce qu’on appelait aussi le collège Champagnat, dirigé par les frères maristes et situé situé à Alma sur la rue du même nom.

 

Cette photo a été prise en 1961. Je suis assis à côté du frère Dominique, accompagné de quelques camarades qui en étaient, comme moi, à leur troisième année du « cours classique », appelée « Méthode ». Tout comme eux, ça faisait déjà quelques années que je buchais pour apprendre le grec et le latin, deux langues mortes; je suais sur des travaux de composition française, de stylistique et de grammaire. Mes deux plus grands amis sont là : Marcel, assis complètement à gauche, et Hermann, le troisième à partir de la gauche.

Cette photo a été prise en 1961. Je suis assis à côté du frère Dominique, accompagné de quelques camarades qui en étaient, comme moi, à leur troisième année du « cours classique », appelée « Méthode ». Tout comme eux, ça faisait déjà quelques années que je bûchais pour apprendre le grec et le latin, deux langues mortes; je suais sur des travaux de composition française, de stylistique et de grammaire. Mes deux plus grands amis sont là : Marcel, assis complètement à gauche, et Hermann, le troisième à partir de la gauche.

 

2-4-1-trois-photos-de-jeunesse-jcd-paint

Je suis photographié 3ième rangée, 2ième à partir de gauche) avec mes camarades d’étude. Nous sommes en 1960. La photo de droite montre l’allure que j’avais à cette époque.

Je suis photographié (3ième rangée, 2ième à partir de gauche) avec mes camarades d’étude. Nous sommes en 1960. La photo de droite montre l’allure que j’avais à cette époque.

 

J’ai passé près de 6 mois en 1961 à l’internat classique Mont Saint-Sacrement, à partir de septembre. Le temps que j’y ai passé a été vivifiant à tous les points de vue. J’avais le sentiment d’être en promenade dans un monde nouveau; dans un décor champêtre que j’explorais passionnément. Vous pouvez me voir (à la dernière rangée, le deuxième à droite) parmi les étudiants de ma promotion. Il était agréable de vivre dans ces bâtiments à l’architecture sobre et non conventionnelle (deuxième photo). Je suis revenu au Lac avant la fin de l’année scolaire, en janvier 1962, dû au décès de ma mère. J’avais de la difficulté à vivre éloignée de ma fratrie en ce temps de deuil intense. Je suis revenu à l’externat classique d’Alma pour terminer ma troisième année du « cours classique », appelée « Méthode ».

J’ai passé près de 6 mois en 1961 à l’internat classique Mont Saint-Sacrement, à partir de septembre. Le temps que j’y ai passé a été vivifiant à tous les points de vue. J’avais le sentiment d’être en promenade dans un monde nouveau; dans un décor champêtre que j’explorais passionnément. Vous pouvez me voir (à la dernière rangée, le deuxième à droite) parmi les étudiants de ma promotion. Il était agréable de vivre dans ces bâtiments à l’architecture sobre et non conventionnelle (deuxième photo). Je suis revenu au Lac avant la fin de l’année scolaire, en janvier 1962, dû au décès de ma mère. J’avais de la difficulté à vivre éloignée de ma fratrie en ce temps de deuil intense. Je suis revenu à l’externat classique d’Alma pour terminer ma troisième année du « cours classique », appelée « Méthode ».

 

À la fin de ma sixième année du « cours classique », appelée « Rhétorique », le frère directeur de l’externat, Wilfrid Doré, m’a fait part de leur décision de me « mettre à la porte ». Pourtant, j’étais un élève studieux qui réussissait très bien. Il était devenu difficile pour eux d’accepter mon attitude contestataire et rebelle dans le cadre de mes activités parascolaires, de mes écrits dans le journal du collège et dans la poursuite de mon combat pour l’indépendance du Québec. Je me sentais comme une pomme pourrie qu’ils étaient déterminés à sortir du panier.

À la fin de ma sixième année du « cours classique », appelée « Rhétorique », le frère directeur de l’externat, Wilfrid Doré, m’a fait part de leur décision de me « mettre à la porte ». Pourtant, j’étais un élève studieux qui réussissait très bien. Il était devenu difficile pour eux d’accepter mon attitude contestataire et rebelle dans le cadre de mes activités parascolaires, de mes écrits dans le journal du collège et dans la poursuite de mon combat pour l’indépendance du Québec. Je me sentais comme une pomme pourrie qu’ils étaient déterminés à sortir du panier.

 

À la suite de mon renvoi de Champagnat, J’ai réussi à me faire accepter au collège classique de Jonquière. Il s’est avéré que mes deux dernières années du « cours classique » dans ce collège, dirigé par les Oblats de Marie Immaculée, m’ont été profitables sur le plan académique. Plutôt que de subir une formation philosophique fondée sur le très catholique Saint-Thomas d’Aquin, les Oblats avaient modernisé leur contenu de la formation; ce qui fait, entre autres, que j’ai pu pu fréquenter l’œuvre d’un théologien, lui-même un scientifique, du nom de Theillard Desjardins; celle du Dr Paul Chauchard instigateur de la morale biologique; tout en continuant à étudier des sciences telles la mathématique, la physique, la biologie. Pendant cette période, j’ai œuvré au journal du Collège, le Cran; participé à un groupe nommé Fraternité, Terre Nouvelle (FTN) sous l’inspiration du père Roméo Bouchard; écris ma seule et unique pièce de théâtre, titré Le temps des Justes et rédigé des poèmes. Plus important encore, j’ai noué des amitiés durables.

À la suite de mon renvoi de Champagnat, J’ai réussi à me faire accepter au collège classique de Jonquière. Il s’est avéré que mes deux dernières années du « cours classique » dans ce collège, dirigé par les Oblats de Marie Immaculée, m’ont été profitables sur le plan académique. Plutôt que de subir une formation philosophique fondée sur le très catholique Saint-Thomas d’Aquin, les Oblats avaient modernisé leur contenu de la formation; ce qui fait, entre autres, que j’ai pu pu fréquenter l’œuvre d’un théologien, lui-même un scientifique, du nom de Theillard Desjardins; celle du Dr Paul Chauchard instigateur de la morale biologique; tout en continuant à étudier des sciences telles la mathématique, la physique, la biologie. Pendant cette période, j’ai œuvré au journal du Collège, le Cran; participé à un groupe nommé Fraternité, Terre Nouvelle (FTN) sous l’inspiration du père Roméo Bouchard; écris ma seule et unique pièce de théâtre, titré Le temps des Justes et rédigé des poèmes. Plus important encore, j’ai noué des amitiés durables.

 

Après 15 années d’effort, j’ai obtenu mon baccalauréat ès arts (BA), avec la mention « cum laude »; ce qui signifie en français « avec distinction ». Pour moi, ce n’était qu’une étape. Le BA me permettait surtout d’aller directement à l’université. Je ne savais pas exactement ce que je voulais étudier, ni à quelle université. Je suis venu tout près de m’inscrire en philosophie, mais une voix intérieure m’incitait à tenir compte de mon besoin, plus ou moins conscient, d’agir pour changer la réalité sociale; cela m’a conduit à opter pour la science politique et l’Université de Montréal; je percevais cette université comme plus moderne; elle était surtout située dans une ville que j’avais fréquentée pendant mes études classiques; répondant davantage que la ville de Québec à mon besoin de liberté.

Après 15 années d’effort, j’ai obtenu mon baccalauréat ès arts (BA), avec la mention « cum laude »; ce qui signifie en français « avec distinction ». Pour moi, ce n’était qu’une étape. Le BA me permettait surtout d’aller directement à l’université. Je ne savais pas exactement ce que je voulais étudier, ni à quelle université. Je suis venu tout près de m’inscrire en philosophie, mais une voix intérieure m’incitait à tenir compte de mon besoin, plus ou moins conscient, d’agir pour changer la réalité sociale; cela m’a conduit à opter pour la science politique et l’Université de Montréal; je percevais cette université comme plus moderne; elle était surtout située dans une ville que j’avais fréquentée pendant mes études classiques; répondant davantage que la ville de Québec à mon besoin de liberté.

 

J’ai étudié pendant trois ans à l’Université de Montréal, entre 1967 et 1970, en vue d’obtenir mon baccalauréat en Science politique; ces trois années ont été intenses et libératrices sur tous les plans. J’étais studieux et insatiable d’acquérir enfin des connaissances, entre autres, sur l’histoire des idées politiques, le fonctionnement des partis politiques, les idéologies, les groupes de pression, l’économie politique, les méthodes de recherche, l’histoire des relations internationales. C’est pendant cette période que j’ai vécu les contestations, les grèves étudiantes, la fondation du Parti Québécois, les manifestations pour la langue française et la francisation de l’université anglophone, McGill. J’ai œuvré modestement, à titre de journaliste étudiant, au sein du journal universitaire, le Quartier latin. Mes fins de semaine étaient généralement consacrées à ma libération sur le plan sexuel, au moment où la police effectuait fréquemment des descentes dans les établissements gais. Mes endroits de rencontre de jeunes partageant mon orientation sexuelle étaient situés dans l’ouest du centre-ville, tels le Taureau, la Dominion square Tavern. Je fréquentais quelques bars mal famés et chaleureux de la rue Sainte-Catherine est, tels le café Monarch et l’Arlequin; bien avant que le Village gai existe. Pendant la saison estivale, je revenais au Lac pour occuper mon emploi d’été; un travail de manœuvre au sein de l’entreprise de maçonnerie de mon frère Bernard.

J’ai étudié pendant trois ans à l’Université de Montréal, entre 1967 et 1970, en vue d’obtenir mon baccalauréat en Science politique; ces trois années ont été intenses et libératrices sur tous les plans. J’étais studieux et insatiable d’acquérir enfin des connaissances, entre autres, sur l’histoire des idées politiques, le fonctionnement des partis politiques, les idéologies, les groupes de pression, l’économie politique, les méthodes de recherche, l’histoire des relations internationales. C’est pendant cette période que j’ai vécu les contestations, les grèves étudiantes, la fondation du Parti Québécois, les manifestations pour la langue française et la francisation de l’université anglophone, McGill. J’ai œuvré modestement, à titre de journaliste étudiant, au sein du journal universitaire, le Quartier latin. Mes fins de semaine étaient généralement consacrées à ma libération sur le plan sexuel, au moment où la police effectuait fréquemment des descentes dans les établissements gais. Mes endroits de rencontre de jeunes partageant mon orientation sexuelle étaient situés dans l’ouest du centre-ville, tels le Taureau, la Dominion square Tavern. Je fréquentais quelques bars mal famés et chaleureux de la rue Sainte-Catherine est, tels le café Monarch et l’Arlequin; bien avant que le Village gai existe. Pendant la saison estivale, je revenais au Lac pour occuper mon emploi d’été; un travail de manœuvre au sein de l’entreprise de maçonnerie de mon frère Bernard.

 

2-9-coeur-du-village-st-br

Lorsque je suis revenu au Lac-Saint-Jean, au début de l’été 1970, je n’allais pas très bien. J’ai passé l’été dans mon village natal, Saint-Bruno. J’étais anxieux devant mon avenir incertain de jeune adulte en recherche d’emploi et de sens à ma vie. Heureusement, j’ai eu le privilège de fréquenter un petit groupe de jeunes qui partageaient mon combat pour l’indépendance; guidés par des valeurs et des façons d’être qui rejetaient les formes de la culture propre à un milieu semi-rural. Je pense, entre autres, à Martin Lavoie, Gaétan Tremblay, Jacques Demers, Marcel Gagnon, François Lavoie. Nous étions très festifs; amateurs de « pot » et de bière; mais nous étions tout aussi créatifs. En réaction au comportement macho de sportifs qui fréquentaient aussi le bar paroissial, notre groupe a fondé une équipe de balle-molle, nommée « les camisoles bleues » de Saint-Bruno fiers compétiteurs, lors d’un tournoi mémorable, contre des équipes adverses composées de jeunes mâles virils. Avec l’aide de Martin Lavoie, notre chansonnier et sculpteur (voir photo), nous entonnions un hymne de combat qui se terminait ainsi : « Mais votre règne finira, quand notre règne arrivera. Dies irae, dies illa! » Nous avons également monté une exposition délibérément provocatrice dans les locaux du centre récréatif paroissial. Les visiteurs étaient confrontés aux conséquences de la publicité et de la consommation excessive qui en découlent; tout ça pour augmenter l’activité économique et le Produit national brut. L’exhibit du dernier étage confrontait le visiteur à leur mort et à la vanité de cette existence au service d’une philosophie utilitariste; le tout enveloppé d’un extrait d’un des concertos brandebourgeois de Bach.

option-quebec

C’est aussi au cours de l’été 1970 que j’ai pris une décision, que je considère comme la plus importante de ma vie, sans en être conscient à ce moment-là. Je faisais face à un problème difficile à résoudre. En fait, je ne me sentais pas dans un état d’esprit pour occuper un emploi normal; incapable de m’imaginer portant un complet avec chemise et cravate; encore moins capable de subir l’autorité et les attentes banales d’un improbable employeur; c’était incompatible avec mon état de révolte, que mes trois années de libération vécues à Montréal avaient amplifiée. J’ai même pris la décision de ne pas me présenter, au cours du mois d’août, à un examen de reprise d’un cours de géographie urbaine, nécessaire pour l’obtention de mon baccalauréat en science politique. Mais le destin me préparait un coup fumant! Mon ami Jacques Brassard, un militant indépendantiste d’Alma, m’a informé que le Parti Québécois était à la recherche d’un permanent pour la région du Saguenay Lac-Saint-Jean. Malgré mes réticences initiales, j’ai rapidement pris conscience que ce travail au PQ me permettrait d’abord et avant tout de m’investir personnellement en faveur de l’indépendance du Québec. René Lévesque était à ce moment-là l’homme politique qui m’inspirait le plus, surtout à la suite de la publication de son ouvrage Option Québec; je me sentais également à l’aise de travailler étroitement auprès de Me Marc-André Bédard, un homme politique qui me donnait confiance. À l’automne 1970, je suis devenu le premier permanent du PQ dans ma région natale.

[/caption]

J’avais appris beaucoup de choses à l’université, mais j’ai rapidement réalisé que ces connaissances ne me seraient pas vraiment utiles pour obtenir ce que tout parti recherche : l’adhésion des électeurs à la cause de l’indépendance et la victoire aux élections dans les comtés de la région du Saguenay Lac-Saint-Jean. Je n’avais pas de description de tâches; je l’ai créé. J’ai par conséquent dû travailler intensément, passionnément, sept jours sur sept, gagnant tout juste ce qu’il fallait pour subvenir à mes besoins. C’est ce qu’il fallait pour relever, en partenariat avec les organisations de chaque comté, les nombreux défis auxquels tout parti politique est confronté; miser sur la force de contagion d’un noyau dur de membres qui en arriveront, petit à petit, à mobiliser suffisamment de monde pour réaliser les activités principales d’une organisation efficace; recruter de nouveaux membres; réaliser des campagnes pour financer les instances locales et nationales; mettre en place des comités de travail pour élaborer le programme, former et motiver les membres, assurer la présence médiatique; participer aux instances régionales et nationales. De plus, dans une perspective de cohérence, il est apparu nécessaire de réaliser ou coordonner certaines activités sur une base régionale : soutien au président et à l’instance régionale; élaboration d’un programme et de stratégies électorales communes, coordination des tournées des principaux porte-parole du PQ; relations avec les groupes d’intérêt régionaux; tenue d’un congrès régional. La photo de gauche montre Marc-André Bédard, alors qu’il vient tout juste d’être élu député de Chicoutimi en 1973. L’autre photo montre quatre des cinq candidats de la région lors de l’élection de novembre 1976; de gauche à droite : Hubert Desbiens, Marc-André Bédard, Jacques Brassard et Claude Vaillancourt. Le soir du 15 novembre 1976, j’étais particulièrement fier des résultats obtenus par le PQ dans ma région.

J’avais appris beaucoup de choses à l’université, mais j’ai rapidement réalisé que ces connaissances ne me seraient pas vraiment utiles pour obtenir ce que tout parti recherche : l’adhésion des électeurs à la cause de l’indépendance et la victoire aux élections dans les comtés de la région du Saguenay Lac-Saint-Jean. Je n’avais pas de description de tâches; je l’ai créé. J’ai par conséquent dû travailler intensément, passionnément, sept jours sur sept, gagnant tout juste ce qu’il fallait pour subvenir à mes besoins. C’est ce qu’il fallait pour relever, en partenariat avec les organisations de chaque comté, les nombreux défis auxquels tout parti politique est confronté; miser sur la force de contagion d’un noyau dur de membres qui en arriveront, petit à petit, à mobiliser suffisamment de monde pour réaliser les activités principales d’une organisation efficace; recruter de nouveaux membres; réaliser des campagnes pour financer les instances locales et nationales; mettre en place des comités de travail pour élaborer le programme, former et motiver les membres, assurer la présence médiatique; participer aux instances régionales et nationales. De plus, dans une perspective de cohérence, il est apparu nécessaire de réaliser ou coordonner certaines activités sur une base régionale : soutien au président et à l’instance régionale; élaboration d’un programme et de stratégies électorales communes, coordination des tournées des principaux porte-parole du PQ; relations avec les groupes d’intérêt régionaux; tenue d’un congrès régional. La photo de gauche montre Marc-André Bédard, alors qu’il vient tout juste d’être élu député de Chicoutimi en 1973. L’autre photo montre quatre des cinq candidats de la région lors de l’élection de novembre 1976; de gauche à droite : Hubert Desbiens, Marc-André Bédard, Jacques Brassard et Claude Vaillancourt. Le soir du 15 novembre 1976, j’étais particulièrement fier des résultats obtenus par le PQ dans ma région.

15 À la suite de la victoire du 15 novembre 1976, le jeune étudiant révolté est devenu, en quelques semaines, un conseiller politique auprès du nouveau ministre de la Justice du Québec, Me Marc-André Bédard. Je me sentais à la fois anxieux, dérouté et exalté d’occuper une position d’influence et de participer ainsi à l’exercice du pouvoir. Ma vie a été bouleversée sur tous les plans. On m’a confié la responsabilité de conseiller le ministre, plus particulièrement en matière de services correctionnels et des immobilisations en ce qui concerne les palais de Justice, les établissements de détention, les postes de la SQ; la nomination des coroners. Le ministre m’a demandé également d’être son alter ego pour la concrétisation des dossiers régionaux et ses relations avec les médias de la région; je devais également entretenir des liens suivis avec les principaux partenaires sociaux, culturels, économiques et institutionnels ainsi que les instances régionales de concertation et de représentation. Ma vie en a été profondément bouleversée : déménagement à Québec, où je travaillais pendant la semaine pour faire avancer les dossiers au sein des ministères et assumer mes responsabilités à mes dossiers d’envergure ministérielle; présence fréquente les fins de semaine auprès du ministre; chaque lundi, je travaillais à son bureau de comté pour le soutenir dans l’exercice de son rôle de ministre régional. Mon salaire est soudainement devenu plus satisfaisant; ça m’a permis de mieux subvenir à mes besoins. Dans ce contexte, il va de soi que j’ai développé des liens solides et chaleureux avec Marc-André, son épouse et ses quatre jeunes garçons qui grandissaient à vue d’œil. Nous avons maintenu nos liens après cette période fébrile et exaltante pour tous. J’avais le sentiment de contribuer modestement aux changements profonds de toute nature qui ont marqué le premier mandat du gouvernement d’un grand premier ministre, René Lévesque. Après avoir expérimenté le travail partisan avec des centaines de citoyens de tous les horizons, j’avais le privilège et le goût de construire le Québec avec des hommes et des femmes élues, guidés par la recherche du bien commun; celui de l’ensemble de leur communauté et du Québec.

À la suite de la victoire du 15 novembre 1976, le jeune étudiant révolté est devenu, en quelques semaines, un conseiller politique auprès du nouveau ministre de la Justice du Québec, Me Marc-André Bédard. Je me sentais à la fois anxieux, dérouté et exalté d’occuper une position d’influence et de participer ainsi à l’exercice du pouvoir. Ma vie a été bouleversée sur tous les plans. On m’a confié la responsabilité de conseiller le ministre, plus particulièrement en matière de services correctionnels et des immobilisations en ce qui concerne les palais de Justice, les établissements de détention, les postes de la SQ; la nomination des coroners. Le ministre m’a demandé également d’être son alter ego pour la concrétisation des dossiers régionaux et ses relations avec les médias de la région; je devais également entretenir des liens suivis avec les principaux partenaires sociaux, culturels, économiques et institutionnels ainsi que les instances régionales de concertation et de représentation. Ma vie en a été profondément bouleversée : déménagement à Québec, où je travaillais pendant la semaine pour faire avancer les dossiers au sein des ministères et assumer mes responsabilités à mes dossiers d’envergure ministérielle; présence fréquente les fins de semaine auprès du ministre; chaque lundi, je travaillais à son bureau de comté pour le soutenir dans l’exercice de son rôle de ministre régional. Mon salaire est soudainement devenu plus satisfaisant; ça m’a permis de mieux subvenir à mes besoins. Dans ce contexte, il va de soi que j’ai développé des liens solides et chaleureux avec Marc-André, son épouse et ses quatre jeunes garçons qui grandissaient à vue d’œil. Nous avons maintenu nos liens après cette période fébrile et exaltante pour tous. J’avais le sentiment de contribuer modestement aux changements profonds de toute nature qui ont marqué le premier mandat du gouvernement d’un grand premier ministre, René Lévesque. Après avoir expérimenté le travail partisan avec des centaines de citoyens de tous les horizons, j’avais le privilège et le goût de construire le Québec avec des hommes et des femmes élues, guidés par la recherche du bien commun; celui de l’ensemble de leur communauté et du Québec.

La défaite référendaire de 1980 fut un coup dur pour le gouvernement et le PQ. Mais les résultats dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont embaumé la profonde douleur des militants qui y travaillaient depuis la fondation du PQ, et même avant, au sein du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et du Regroupement national. La population jeannoise et saguenayenne a dit oui à 60,7 % dans le comté de Jonquière; à 58,5 dans Chicoutimi; à 57,6 % dans Lac-Saint-Jean; à 52,9 % dans Dubuc; à 50,6 % dans Roberval. Ces chiffres indiquaient une progression de 6 % par rapport au suffrage accordé au PQ lors l’élection du 15 novembre 1976. La photo montre la pochette d’un 45 tours de promotion de de 1973 sur laquelle est inscrite une affirmation clé de René Lévesque :… Il faut que nous nous donnions des motifs suffisants d’être non seulement sûr mais aussi fiers de nous-mêmes. » On trouvait sur un côté du disque un message de René Lévesque d’une durée de 7 : 18 minutes, et de l’aure côté, une chanson interprétée par Pauline Julien d’une durée de 5 : 15 minutes. Le texte de la chanson, intitulée Quand nous serons vraiment chez nous, avait été composé par Michèle Lalonde, Pauline Julien et Richard Grégoire. Toute une époque! Que d’émotion, malgré le temps qui a passé!

La défaite référendaire de 1980 fut un coup dur pour le gouvernement et le PQ. Mais les résultats dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont embaumé la profonde douleur des militants qui y travaillaient depuis la fondation du PQ, et même avant, au sein du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et du Regroupement national. La population jeannoise et saguenayenne a dit oui à 60,7 % dans le comté de Jonquière; à 58,5 dans Chicoutimi; à 57,6 % dans Lac-Saint-Jean; à 52,9 % dans Dubuc; à 50,6 % dans Roberval. Ces chiffres indiquaient une progression de 6 % par rapport au suffrage accordé au PQ lors l’élection du 15 novembre 1976. La première photo montre la pochette d’un 45 tours de promotion de de 1973 sur laquelle est inscrite une affirmation clé de René Lévesque :… Il faut que nous nous donnions des motifs suffisants d’être non seulement sûr mais aussi fiers de nous-mêmes. » On trouvait sur un côté du disque un message de René Lévesque d’une durée de 7 : 18 minutes, et de l’aure côté, une chanson interprétée par Pauline Julien d’une durée de 5 : 15 minutes. Le texte de la chanson, intitulée Quand nous serons vraiment chez nous, avait été composé par Michèle Lalonde, Pauline Julien et Richard Grégoire. L’élément « démarche », ajouté à l’aide d’un collant, n’était pas dans la première édition du document présenté sur la deuxième photo; il l’a été une dizaine de jours avant le vote référendaire. La troisième reproduit les paroles inspirantes de la chanson. Toute une époque! Que d’émotion encore, malgré le temps qui a passé!

Le second mandat du gouvernement de René Lévesque fut moins exaltant et plus anxiogène. Pour ma part, j’ai poursuivi mon travail sur les mêmes bases, jusqu’au moment où je fus nommé directeur de cabinet du ministre d’État à la réforme électorale en 1981, fonction ministérielle qu’occupait également Marc-André Bédard. Nous avons déployé beaucoup d’énergie, sans succès, pour implanter un mode de scrutin plus équitable et représentatif. Heureusement, j’ai reçu le mandat de mon ministre d’œuvrer sans relâche pour assurer le succès du Sommet sur le développement et l’économie, prévu en 1984, sous le thème, Une région à la recherche d’alternatives. Ce fut une période intense et motivante. J’ai déployé tous les moyens nécessaires pour que les ministres sectoriels et leurs hauts gestionnaires, en concertation avec l’Office de Planification et de développement du Québec (OPDQ), assurent une participation cohérente, concrète et chiffrée dans le cadre de la tenue du Sommet. Je travaillais fort, tout en préparant le président de l’événement, le député-ministre de Chicoutimi. L’un des moments forts de cet exercice d’envergure fut le soir où la direction de la compagnie Alcan s’était présentée pour lancer haut et fort à toute la région, de cesser de compter sur la grande entreprise pour créer des emplois et de la richesse économique; ce dont tous les participants savaient. Dans la foulée du constat, le Sommet a permis l’émergence de nombreux projets concrets tout à fait novateurs dans de nouveaux champs du développement tels que l’entrepreneuriat, le tourisme, l’incubation industrielle, la filière aluminium. Lors du sommet Alcan injecta 500 000 et le gouvernement du Québec 400 000. $ pour des études sur la transformation de l’aluminium et 400 000 pour la forêt. Largement préconisée lors du Sommet, SOCCRENT, un fonds de capital de risque de 10 millions de dollars, était lancée en 1986, grâce à une mise de fonds de 5 millions de dollars provenant d’Alcan, complétée par des contributions de papeteries et de gens d’affaires de la région avec, comme objectif premier, la création d’emplois. Après le sommet, je me suis retrouvé épuisé, baignant dans un état d’incertitude quant à mon avenir professionnel. Je n’avais pas le goût de devenir un simple fonctionnaire sans envergure, comme j’y avais droit, et surtout, sans cause à défendre. Sans trop réfléchir, en 1985, j’ai décidé de suivre quelques cours à l’Université Laval; ce qui m’a enfin permis d’obtenir, après entente avec l’Université de Montréal, mon diplôme en science politique; 15 ans plus tard. J’ai également amorcé une maîtrise à l’École nationale d’administration publique (ENAP), à Québec. Trouverais-je une cause?

Le second mandat du gouvernement de René Lévesque fut moins exaltant et plus anxiogène. Pour ma part, j’ai poursuivi mon travail sur les mêmes bases, jusqu’au moment où je fus nommé directeur de cabinet du ministre d’État à la réforme électorale en 1981, fonction ministérielle qu’occupait également Marc-André Bédard. Nous avons déployé beaucoup d’énergie, sans succès, pour implanter un mode de scrutin plus équitable et représentatif. Heureusement, j’ai reçu le mandat de mon ministre d’œuvrer sans relâche pour assurer le succès du Sommet sur le développement et l’économie, prévu en 1984, sous le thème, Une région à la recherche d’alternatives. Ce fut une période intense et motivante. J’ai déployé tous les moyens nécessaires pour que les ministres sectoriels et leurs hauts gestionnaires, en concertation avec l’Office de Planification et de développement du Québec (OPDQ), assurent une participation cohérente, concrète et chiffrée dans le cadre de la tenue du Sommet. Je travaillais fort, tout en préparant le président de l’événement, le député-ministre de Chicoutimi. L’un des moments forts de cet exercice d’envergure fut le soir où la direction de la compagnie Alcan s’était présentée pour lancer haut et fort à toute la région, de cesser de compter sur la grande entreprise pour créer des emplois et de la richesse économique; ce dont tous les participants savaient. Dans la foulée du constat, le Sommet a permis l’émergence de nombreux projets concrets tout à fait novateurs dans de nouveaux champs du développement tels que l’entrepreneuriat, le tourisme, l’incubation industrielle, la filière aluminium. Lors du sommet Alcan injecta 500 000 et le gouvernement du Québec 400 000. $ pour des études sur la transformation de l’aluminium et 400 000 pour la forêt. Largement préconisée lors du Sommet, SOCCRENT, un fonds de capital de risque de 10 millions de dollars, était lancée en 1986, grâce à une mise de fonds de 5 millions de dollars provenant d’Alcan, complétée par des contributions de papeteries et de gens d’affaires de la région avec, comme objectif premier, la création d’emplois. Après le sommet, je me suis retrouvé épuisé, baignant dans un état d’incertitude quant à mon avenir professionnel. Je n’avais pas le goût de devenir un simple fonctionnaire sans envergure, comme j’y avais droit, et surtout, sans cause à défendre. Sans trop réfléchir, en 1985, j’ai décidé de suivre quelques cours à l’Université Laval; ce qui m’a enfin permis d’obtenir, après entente avec l’Université de Montréal, mon diplôme en science politique; 15 ans plus tard. J’ai également amorcé une maîtrise à l’École nationale d’administration publique (ENAP), à Québec. Trouverais-je une cause?

Je n’ai gardé que quelques objets qui sont symboliquement rattachés à ce que j’ai vécu en politique. La première image des trois coupes de vins artisanales est la plus importante; c’est un présent offert à René Lévesque et à Corine Côté, à l’occasion d’une tournée que je leur avais organisé dans la région; le couple a décidé de me les donner, au moment où j’allais les reconduire à l’aéroport de Bagotville. La deuxième image montre un paquet de cigarettes vide et signé de la main de René Lévesque; c’est mon neveu Rémi Dallaire qui l’a trouvé, alors qu’il faisait le ménage dans un studio de Télé-Québec; M. Lévesque y avait enregistré une entrevue avec Pierre Nadeau; le texte de la question écrite de la main du journaliste était glissé dans le paquet. La troisième image montre la sculpture d’un juriste, en cours de plaidoirie, offerte au ministre de la Justice, Marc-André Bédard, lors d’une tournée à Sorel où je l’accompagnais; en fin de soirée, au cours de notre retour en automobile à Québec, M. Bédard me l’a donnée. La quatrième image montre le cadeau que j’ai reçu du trésorier régional du PQ, M. Lucien Coudé, lors du premier Noël que j’ai vécu, à titre de permanent du PQ en 1970. Enfin, dernière image, un porte-clé du camp du Oui vendu lors de la campagne référendaire de 1980.

Je n’ai gardé que quelques objets qui sont symboliquement rattachés à ce que j’ai vécu en politique. La première image des trois coupes de vins artisanales est la plus importante; c’est un présent offert à René Lévesque et à Corine Côté, à l’occasion d’une tournée que je leur avais organisé dans la région; le couple a décidé de me les donner, au moment où j’allais les reconduire à l’aéroport de Bagotville. La deuxième image montre un paquet de cigarettes vide et signé de la main de René Lévesque; c’est mon neveu Rémi Dallaire qui l’a trouvé, alors qu’il faisait le ménage dans un studio de Télé-Québec; M. Lévesque y avait enregistré une entrevue avec Pierre Nadeau; le texte de la question écrite de la main du journaliste était glissé dans le paquet. La troisième image montre la sculpture d’un juriste, en cours de plaidoirie, offerte au ministre de la Justice, Marc-André Bédard, lors d’une tournée à Sorel où je l’accompagnais; en fin de soirée, au cours de notre retour en automobile à Québec, M. Bédard me l’a donnée. La quatrième image montre le cadeau que j’ai reçu du trésorier régional du PQ, M. Lucien Coudé, lors du premier Noël que j’ai vécu, à titre de permanent du PQ en 1970. Enfin, dernière image, un porte-clé du camp du Oui vendu lors de la campagne référendaire de 1980.

À la suite de la campagne électorale de 1985, gagnée par Robert Bourassa, les autorités ont accepté ma demande d’occuper un poste de professionnel, à la direction générale des Services correctionnels du Québec, au sein de la direction de la participation communautaire. Je connaissais déjà le directeur avec qui j’avais œuvré, alors que j’étais conseiller politique de Marc-André Bédard. J’ai rapidement senti une affinité naturelle sur le plan des valeurs à l’égard de mes nouveaux collègues. De 1986 à 1989, on m’a confié la coordination des organismes communautaires impliqués dans la réinsertion sociale des personnes confiées aux Services correctionnels du Québec; j’ai coordonné les organismes des régions de Montréal, de l’Outaouais, de l’Estrie, du Centre-du-Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je me sentais privilégié et chanceux de déployer mes énergies pour une autre cause qui me tenait à cœur; celle de la réinsertion sociale, plus particulièrement des personnes détenues qui sont en cours de réintégration dans la communauté; hébergées au sein d’organismes bien outillés pour les soutenir; cette fonction m’a permis de connaitre la réalité des Services correctionnels sur le terrain; j’ai été en contact avec le personnel des établissements de détention, des bureaux de probation et des organismes communautaires. Au cours de cette période, mon organisation m’a permis de consacrer du temps pour terminer ma maîtrise en administration publique (MAP). Comme le montre la photo du haut, j’ai obtenu mon diplôme en 1991.

À la suite de la campagne électorale de 1985, gagnée par Robert Bourassa, les autorités ont accepté ma demande d’occuper un poste de professionnel, à la direction générale des Services correctionnels du Québec, au sein de la direction de la participation communautaire. Je connaissais déjà le directeur avec qui j’avais œuvré, alors que j’étais conseiller politique de Marc-André Bédard. J’ai rapidement senti une affinité naturelle sur le plan des valeurs à l’égard de mes nouveaux collègues. De 1986 à 1989, on m’a confié la coordination des organismes communautaires impliqués dans la réinsertion sociale des personnes confiées aux Services correctionnels du Québec; j’ai coordonné les organismes des régions de Montréal, de l’Outaouais, de l’Estrie, du Centre-du-Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je me sentais privilégié et chanceux de déployer mes énergies pour une autre cause qui me tenait à cœur; celle de la réinsertion sociale, plus particulièrement des personnes détenues qui sont en cours de réintégration dans la communauté; hébergées au sein d’organismes bien outillés pour les soutenir; cette fonction m’a permis de connaitre la réalité des Services correctionnels sur le terrain; j’ai été en contact avec le personnel des établissements de détention, des bureaux de probation et des organismes communautaires. Au cours de cette période, mon organisation m’a permis de consacrer du temps pour terminer ma maîtrise en administration publique (MAP). Comme le montre la photo du haut, j’ai obtenu mon diplôme en 1991. Ma thèse de maîtrise portait sur l’élaboration d’une politique de participation de la communauté à la réinsertion sociale de la personne contrevenante.

J’ai travaillé pendant 18 ans comme agent de recherche à la Direction générale des services correctionnels. À ce titre, j’ai rédigé plusieurs analyses portant sur des enjeux majeurs tels la surveillance électronique des personnes contrevenantes et la privatisation des prisons. Comme responsable de la planification stratégique, j’ai déployé des efforts pour asseoir la planification et la prestation de services correctionnels sur des valeurs qui se distinguent de l’approche répressive américaine; miser sur la responsabilité de la personne, sur le soutien des proches et de la communauté, sur les services de soutien psychosocial dans la démarche de réinsertion sociale de la personne contrevenante, sur la prestation de services spécialisés assurés par et dans la communauté dans la réhabilitation de la personne; choisir de mettre l’accent sur le contact humain entre les intervenants correctionnels et les personnes contrevenantes plutôt que sur la technologie.

J’ai travaillé pendant 18 ans comme agent de recherche à la Direction générale des services correctionnels. À ce titre, j’ai rédigé plusieurs analyses portant sur des enjeux majeurs tels la surveillance électronique des personnes contrevenantes et la privatisation des prisons. Comme responsable de la planification stratégique, j’ai déployé des efforts pour asseoir la planification et la prestation de services correctionnels sur des valeurs qui se distinguent de l’approche répressive américaine; miser sur la responsabilité de la personne, sur le soutien des proches et de la communauté, sur les services de soutien psychosocial dans la démarche de réinsertion sociale de la personne contrevenante, sur la prestation de services spécialisés assurés par et dans la communauté dans la réhabilitation de la personne; choisir de mettre l’accent sur le contact humain entre les intervenants correctionnels et les personnes contrevenantes plutôt que sur la technologie.

Dans la foulée du meurtre du jeune Alexandre Livernoche au mois d’août 2000 et du rapport de Claude Corbo, j’ai fourni une contribution substantielle à l’élaboration, à l’adoption et à la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur le système correctionnel du Québec (LSCQ), en vigueur depuis le 5 février 2007; son article premier affirme l’objectif de réinsertion sociale : « Les Services correctionnels du ministère de la Sécurité publique, la Commission québécoise des libérations conditionnelles ainsi que leurs partenaires des organismes communautaires et tous les intervenants de la société intéressés au système correctionnel favorisent la réinsertion sociale des personnes contrevenantes. Dans le respect des droits fondamentaux de ces personnes, ils contribuent à la protection de la société en les aidant à devenir des citoyens respectueux des lois tout en exerçant sur elles un contrôle raisonnable, sécuritaire et humain, en reconnaissant leur capacité à évoluer positivement et en tenant compte de leur motivation à s’impliquer dans une démarche de réinsertion sociale. » De plus, l’entrée en vigueur de la LSCQ en 2007 a été une occasion de premier plan pour élaborer une nouvelle philosophie d’intervention en matière de réinsertion; j’ai eu le privilège de coordonner l’élaboration et l’adoption de cette philosophie d’intervention.

Dans la foulée du meurtre du jeune Alexandre Livernoche, au mois d’août 2000, et du rapport de Claude Corbo, j’ai fourni une contribution substantielle à l’élaboration, à l’adoption et à la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur le système correctionnel du Québec (LSCQ), en vigueur depuis le 5 février 2007; son article premier affirme l’objectif de réinsertion sociale : « Les Services correctionnels du ministère de la Sécurité publique, la Commission québécoise des libérations conditionnelles ainsi que leurs partenaires des organismes communautaires et tous les intervenants de la société intéressés au système correctionnel favorisent la réinsertion sociale des personnes contrevenantes. Dans le respect des droits fondamentaux de ces personnes, ils contribuent à la protection de la société en les aidant à devenir des citoyens respectueux des lois tout en exerçant sur elles un contrôle raisonnable, sécuritaire et humain, en reconnaissant leur capacité à évoluer positivement et en tenant compte de leur motivation à s’impliquer dans une démarche de réinsertion sociale. » De plus, l’entrée en vigueur de la LSCQ en 2007 a été une occasion de premier plan pour élaborer une nouvelle philosophie d’intervention en matière de réinsertion; j’ai eu le privilège de coordonner l’élaboration et l’adoption de cette philosophie d’intervention.

Je ressens encore une grande satisfaction d’avoir œuvré pendant 21 ans aux Services correctionnels du Québec; cette deuxième partie de ma carrière m’a permis de compléter ma première expérience, tout aussi satisfaisante, acquise à titre de conseiller politique. Je suis en mesure d’avoir une analyse plus raffinée dans l’analyse des enjeux et des défis de la société. J’irais même jusqu’à affirmer que les résultats atteints dans le cadre de mes fonctions professionnelles au gouvernement du Québec sont plus concrets. En tout état de cause, mes expériences sont complémentaires; j’ai pu vivre de l’intérieur les deux faces interdépendantes de l’État du Québec.

Je ressens encore une grande satisfaction d’avoir œuvré pendant 21 ans aux Services correctionnels du Québec; cette deuxième partie de ma carrière m’a permis de compléter ma première expérience, tout aussi satisfaisante, acquise à titre de conseiller politique. Je suis en mesure d’avoir une analyse plus raffinée dans l’analyse des enjeux et des défis de la société. J’irais même jusqu’à affirmer que les résultats atteints dans le cadre de mes fonctions professionnelles au gouvernement du Québec sont plus concrets. En tout état de cause, mes expériences sont complémentaires; j’ai pu vivre de l’intérieur les deux faces interdépendantes de l’État du Québec. La photo montre la cérémonie de reconnaissance des services que j’ai rendus par les autorités du ministère de la Sécurité publique. Le « 25 ans » était la seule catégorie utilisée pour la tenu de l’événement.

Qui suis-je ? C’est la question la plus difficile à répondre; la réponse réfère à l’identité d’une personne, c’est-à-dire à des caractéristiques stables et permanentes; on parle d’identité culturelle, sociale, sexuelle; on peut aussi faire référence à des valeurs qui guident l’existence d’une personne. Les Grecs ont formulé le précepte « Connais toi-même », dont l’origine n’est pas claire; la connaissance de soi nécessite un cheminement personnel au cours duquel la personne découvre, par ses expériences et ses connaissances, son identité qui évolue dans le temps. L’image de la caverne de Platon reflète cette sortie de l’ombre pour en arriver à la lumière. Par contre, la vie d’un individu est dynamique; elle se déroule sur un continuum, quelque part entre l’ombre et la lumière. « Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité… » disait le psychiatre Carl Jung; il affirmait également que lorsque l’être humain vit en société, il porte un masque, appelé la « persona », qui nous définit dans le monde extérieur. Ces considérations psychologiques, que je fais miennes, relativisent les qualificatifs flatteurs utilisés pour cerner ma propre identité. Malgré toutes ces limites, je crois être une personne authentique qui tente de vivre en étant elle-même; j’ai choisi l’authenticité, au début de la trentaine, quand j’ai décidé de vivre ouvertement mon homosexualité. Je suis aussi fidèle; je crois que seule la durée m’a permis de créer une relation solide, profonde avec ma fratrie; il en va de même avec de rares personnes que je considère mes amis. Je pense aussi être combatif. J’ai toujours ressenti un immense besoin de lutter pour les causes auxquelles je crois; je l’ai démontré par mon engagement pour l’indépendance du Québec et pour la réinsertion sociale des personnes qui ont contrevenu aux lois. Je suis également un humaniste dans le sens que je crois en ma liberté et en ma capacité de choisir et d’être responsable; de placer la personne au centre de mes activités et entreprises; d’être altruiste et de partager équitablement la richesse collective; d’être ouvert et fraternel; il me reste encore du chemin à parcourir pour y arriver…

Qui suis-je ? C’est la question la plus difficile à répondre; la réponse réfère à l’identité d’une personne, c’est-à-dire à des caractéristiques stables et permanentes; on parle d’identité culturelle, sociale, sexuelle; on peut aussi faire référence à des valeurs qui guident l’existence d’une personne. Les Grecs ont formulé le précepte « Connais toi-même », dont l’origine n’est pas claire; la connaissance de soi nécessite un cheminement personnel au cours duquel la personne découvre, par ses expériences et ses connaissances, son identité qui évolue dans le temps. L’image de la caverne de Platon reflète cette sortie de l’ombre pour en arriver à la lumière. Par contre, la vie d’un individu est dynamique; elle se déroule sur un continuum, quelque part entre l’ombre et la lumière. « Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité… » disait le psychiatre Carl Jung; il affirmait également que lorsque l’être humain vit en société, il porte un masque, appelé la « persona », qui nous définit dans le monde extérieur. Ces considérations psychologiques, que je fais miennes, relativisent les qualificatifs flatteurs utilisés pour cerner ma propre identité. Malgré toutes ces limites, je crois être une personne authentique qui tente de vivre en étant elle-même; j’ai choisi l’authenticité, au début de la trentaine, quand j’ai décidé de vivre ouvertement mon homosexualité. Je suis aussi fidèle; je crois que seule la durée m’a permis de créer une relation solide, profonde avec ma fratrie; il en va de même avec de rares personnes que je considère mes amis. Je pense aussi être combatif. J’ai toujours ressenti un immense besoin de lutter pour les causes auxquelles je crois; je l’ai démontré par mon engagement pour l’indépendance du Québec et pour la réinsertion sociale des personnes qui ont contrevenu aux lois. Je suis également un humaniste dans le sens que j’aborde l’autre en fonction de la globalité de son être et de ses besoins; je manifeste une ouverture, une grande tolérance, un accueil et une disponibilité favorisant une relation mutuellement enrichissante; il me restera toujours du chemin à parcourir pour y arriver.

Au cours de ma carrière, j’ai constamment écrit : des analyses, des discours, des programmes politiques, des prises de position, des communiqués de presse, des stratégies; j’ai écrit des documents pour les organisations qui m’ont employé; pour des personnes qui assumaient les plus hauts postes au sein de ces organisations, dont des ministres, des sous-ministres, des directeurs de service. À ma retraite, j’ai utilisé ma liberté d’expression pour m’exprimer à travers des œuvres de nature littéraire; créations qui font appel à mon intériorité, èa mon imagination et à mes ancrages identitaires. J’ai même fondé ma propre maison d’édition dans le but de bénéficier pleinement de ma liberté retrouvée. Jusqu’à présent, j’ai publié quatre ouvrages dont deux romans ainsi que les chroniques qui composent mon troisième ouvrage, « Chroniques floridiennes ». Je travaille actuellement sur la généalogie et sur l’histoire de la nombreuse descendance de mes parents, Élie Dallaire et Émilie Bilodeau; il est prévu que ces travaux me conduiront à l’édition d’un livre qui s’adressera aux générations actuelles et futures.

Au cours de ma carrière, j’ai constamment écrit : des analyses, des discours, des programmes politiques, des prises de position, des communiqués de presse, des stratégies; j’ai écrit des documents pour les organisations qui m’ont employé; pour des personnes qui assumaient les plus hauts postes au sein de ces organisations, dont des ministres, des sous-ministres, des directeurs de service. À ma retraite, j’ai utilisé ma liberté d’expression pour m’exprimer à travers des œuvres de nature littéraire; créations qui font appel à mon intériorité, èa mon imagination et à mes ancrages identitaires. J’ai même fondé ma propre maison d’édition dans le but de bénéficier pleinement de ma liberté retrouvée. Jusqu’à présent, j’ai publié quatre ouvrages dont deux romans ainsi que les chroniques qui composent mon troisième ouvrage, « Chroniques floridiennes ». Je travaille actuellement sur la généalogie et sur l’histoire de la nombreuse descendance de mes parents, Élie Dallaire et Émilie Bilodeau; il est prévu que ces travaux me conduiront à l’édition d’un livre qui s’adressera aux générations actuelles et futures.

Chacun de mes ouvrages a fait l’objet d’une édition de luxe réalisée par le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean; Je te salue, Marie! en 2010; Le parfum des ombres, en 2014; Chroniques floridiennes, en 2015. Je suis très fier de ma participation au Salon en tant qu’auteur natif du Lac-Saint-Jean.

Chacun de mes ouvrages a fait l’objet d’une édition de luxe réalisée par le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean; Je te salue, Marie! en 2010; Le parfum des ombres, en 2014; Chroniques floridiennes, en 2015. Je suis très fier de ma participation au Salon en tant qu’auteur natif du Lac-Saint-Jean.